jeudi 23 juin 2016

Mon chat de Schrödinger

Plus de 2 ans de thérapie me font percevoir que j'ai un mode de fonctionnement très autocentré, rigide et que je me suis construit un monde dans lequel je me dicte intérieurement des fonctionnements à partir de croyances TRES fortement ancrées.

Au delà de cela, j'applique ce fonctionnement à autrui, c'est à dire que les gens qui entrent dans mon mode de fonctionnement et qui adhèrent à mon paradigme peuvent avoir des relations avec moi. Les autres n'existent pas pour moi, ou ne comptent pas.

J'agis donc comme une sorte dictateur de l'univers qui m'entoure.
"Si tu suis MES règles et MA façon de voir les choses, tu existes. Si tu introduis TES propres règles, qui ne me conviennent pas, tu ne m'intéresses pas !"

Parfois, étant enfant, je m'amusais à imaginer que tout le monde qui m'entourait n'était que le fruit de mon imagination et qu'une fois qu'une personne sortait de la pièce, elle n'existait plus.
Tel un marionettiste, je tire les ficelles de TOUT ce qui existe autour de moi, donnant naissance à telle ou telle relation, pour me convenir, pour me satisfaire.

A la fois cela me positionne en tant que Maître du Jeu, Maître du Monde dans lequel je vis. JE defines les règles et tout le monde les suit.
Et cela me crée une bulle de protection : du moment que l'on suit MES règles, je suis rassuré, donc l'autre à le droit d'exister. Dès que l'on ne suit pas MES règles, MES fonctionnements, MES avis, je me sens en danger car cela bouscule mes croyances et, soit je me crispe, soit j'ignore l'existence de cette personne en rentrant en conflit, soit je n'entretiens pas de relations avec elle.

Je reste ainsi le centre du monde,
Je deviens ainsi l'organisateur de l'univers,
Je refuse de quitter mon petit confort,
Tout ce qui perturbe mon petit confort (mes croyances fortement enracinées en moi) me met en danger,
Je refuse, fuis, ou cherche à détruire tout ce qui n'entre pas dans mon jeu,
Je suis donc toujours en insécurité, et tout changement provoque des frictions plus ou moins grandes.

Par conséquent, je refuse de changer et je déploie mes efforts pour que ce soit les autres qui changent et s'adaptent à moi.
Et au final, j'empêche les autres d'entrer dans mon univers si ils ne "m'obéissent" pas !

Quel égoïsme !
Quel egocentrisme !
Quelle prétention !
Quelle rigidité !
Quelle intolerance !
Quelle étroitesse d'esprit !
Quel refus d'évoluer, d'avancer et de découvrir de nouvelles choses !
Quelle solitude !

Je vis comme un enfant entouré de ses certitudes, refusant de s'ouvrir au monde extérieur...
Et si je suis le Maître de ce monde et que les autres me "servent", je suis dépendant d'eux, car quand ils reprennent leur indépendence, je souffre !

Du Maître ou de l'esclave, qui est le plus malheureux ? Lequel peut vivre sans l'autre ?

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