Lundi : dispute à partir d'une broutille sur les comptes bancaires
Sur le moment, pendant et après la dispute, je me rend compte que j'ai eu du mal à encaisser. D'une part, je n'aime pas les disputes (qui les aime ?) et j'ai du mal à les gérer, d'autre part, les dernières disputes avec Elodie m'avaient laissé épuisé et abattu, mais surtout j'étais en colère. En colère contre moi-même, car je n'étais pas satisfait de la façon dont j'avais réagit. Depuis plusieurs semaines, je pensais réussir à éviter que mes émotions ne m'emportent, ce qui me permettait de me sentir plus posé, plus serein, et de contribuer à éviter les conflits et les tensions inutiles. Mais là, je m'étais trouvé nul dans ma façon de me comporter, et je constatais que les "reproches qu'Elodie me faisait étaient, en fait, justifiés ! En colère aussi contre Elodie et sa brutalité verbale !
Alors, ce lundi, à l'évocation de certains mots ("Tu me harcèles", "Quand on n'est pas d'accord avec toi, tu fais la tête.", "T'as vu ta tête quand on parle ?"), mon sang n'a fait qu'un tour et la colère m'a repris. Pendant la dispute, j'ai réussi à me contenir et à avoir de la repartie, mais une fois la dispute terminée, j'ai quelque peu tourné en rond et je me suis repassé notre "échange", n'y voyant que les points négatifs et ne les voyant que de MON point de vue.
Ensuite, contrairement aux mois précédents, la nuit s'est tout de même passée correctement et j'ai dormi, car une fois la dispute passée, Elodie et moi avons repris un mode de communication plutôt correct.
Mais le plus intéressant s'est produit le lendemain dans la journée. Une fois que la colère est retombée, plusieurs points m'ont sauté à l'esprit :
- Tout d'abord, j'ai réalisé que cette dispute avait été l'occasion de discuter.
Etonnant, n'est-ce pas ? Sous couvert de nous disputer, nous avons discuté. Sur un mode peu agréable effectivement, mais chacun a transmis à l'autre de nombreux messages. Elodie m'a reformulé les reproches qu'elle me fait depuis quelques temps et je dois reconnaître qu'elle a raison lorqsu'elle dit que je fais une mauvaise tête lorqu'elle me contredit ou qu'elle n'est pas d'accord avec moi. Et de mon côté, j'ai exprimé mon ressenti, la difficulté que j'avais à lui parler en raison de façon de réagir et de me parler, mes doutes quant à la possibilité de continuer à vivre ainsi, mon refus d'être traité en "larbin" sans considération, etc - J'ai aussi enfin compris que nous n'e vivions pas ce type de dispute de la même manière.
De mon côté j'en ai fait tout un plat, me prenant la tête, évoquant des remises en questions, rendant la dispute "existentielle" ("Cela te plait de continuer de vivre ainsi en n'étant pas capable de nous parler correctement pour des histoires de blanques ?", "Et maintenant on fait quoi ?" sous-entendu : on se reconcilie ou on se sépare ?) alors que pour Elodie, ce n'était, à priori, qu'une dispute comme tous les couples en ont.
D'ailleurs lorsque je lui ai demandé : "Tu sais pourquoi j'étais en colère ?" sa réponse a été désarmante de simplicité : "Ben oui, pour les comptes !", alors que de mon point de vue j'avais place la dispute sur un plan de remise en cause de notre relation... Clairement, j'avais placé la dispute à un autre niveau qu'elle. J'y avais mis plus d'enjeux. Et je pense que je faisais cela souvent, ce qui contribuait à créer un climat tendu au quotidien et rendait difficile, voire impossible la discussion et l'échange dans mon couple. De son côté, la façon "brutale" qu'Elodie a de s'exprimer n'arrange pas les choses... - J'ai aussi compris que je n'avais gardé de cette dispute que les éléments négatifs, tournés contre moi, que les reproches que JE me faisais (et la dispute du jeudi par SMS avait bien preparé le terrain).
C'est bon de se flageller, hein (pffffff :-))? : - Je ne change pas,
- Je fais la tête tout le temps,
- On ne peut pas discuter avec moi,
- Je réagis mal aux critiques,
- Je me prend la tête pour rien,
- Finalement, je ne suis pas un homme, j'ai gagné moinsd'argent que ma femme, je n'ai pas été à la hauteur sexuellement, je n'ai pas contribué aux finances du foyer, etc, etc...
- J'avais aussi repris la mauvaise habitude de penser à la place d'Elodie.
Je me suis dit que tous ces "reproches" que je me faisais, elle me les faisait aussi. Sauf que je me trompe totalement. Déjà, elle ne pense pas comme moi, elle est une personne indépendante, je n'ai pas le droit de penser à sa place.
Et puis, je ne peux savoir ce qu'elle a retenu de mes propres propos dont certains étaient assez brutaux aussi je pense : "Et maintenant on fait quoi ?", "Ca te plait de continuer de vivre ainsi à se prendre la tête ?", "Regarde toi un peu quand tu me parles, je ne sais plus dutout comment te parler de choses simples...". Qu'est-ce que mes propos ont provoqué chez elle, quels mots a-t-elle retenus, quel sens y-a-t-elle donné, qu'est-ce que cela a provoqué en elle ? - J'avais dramatisé un évènement "courant" de la vie d'un couple
Elodie me l'a bien dit : "Ben on s'est toujours disputé. Les disputes font partie de la vie."
En raison des tensions du début d'année, de mes "doutes", de mes craintes, etc, j'avais dramatisé une dispute ; dispute stupide car provoquée non pas par le sujet abordé, mais par la manière dont chacun a réagit aux propos de l'autre : mal, sur la défensive puis agressivement... bêtement, et je dirai... maladroitement !
En fait au cours de cette discussion, car je maintiens finalement que c'était une discussion/dispute, je retire plusieurs enseignements assez positifs :
- Nous sommes capables de discuter, même si il faut réussir à modifier nos tons réciproques,
- J'arrive à exprimer ce que je ressens, même si il faut là encore que j'utilise d'autres mots,
- J'ai réussi à gérer une dispute et à ne pas être dévasté comme les fois précédentes,
- J'ai pris de l'indépendance, car ses propos ne m'ont pas affecté. En revanche, ils m'ont plutôt amené à réfléchir. Je n'ai pas gambergé trop longtemps sur ce qu'elle pensait de moi, de mes propos, etc. J'ai dit ce que j'avais à dire et advienne que pourra !
- J'ai compris, integré et accepté que je n'avais aucun contrôle sur Elodie, que je ne n'avais pas à penser à sa place et que mes propres actes, ou propos, avaient surement un impact sur elle. Quel impact ? Je ne le sais, et je me rend compte que cela m'affecte peu. Cela a un éventuellement un impact et c'est tout. En revanche, que pense-t-elle de mes propos ou de moi ? Cela m'importe de moins en moins. J'avance avec moi-même, je pense avoir déjà beaucoup donné et fait énormément d'efforts. Je désire continuer d'en faire dans ce sens, je suis droit dans mes bottes, fidèle à moi-même, je fais ce que je pense être le mieux, aide par le travail que je fais avec la psy, mais je verrai bien où cela nous mène.
- Elodie a fait allusion au couple... une dispute de couple. Le couple existe toujours puisque nous avons des disputes de couple...
- Elle-même doit fortement gamberger, en particulier durant cette période où elle reste seule à la maison. Passer ses journée seule, s'occuper des enfants seule car je bouge beaucoup, doit la faire réfléchir sur une vie seule, etc...
De mon côté, je gamberge beaucoup beaucpoup moins, je vis ma vie, j'ai envie de sortir ? Je sors. J'écoute de la musique dans la voiture en chantant, je réussis de plus en plus souvent, chaque jour à profiter de l'instant, à juste être là, sans penser à rien. Je travaille beaucoup et ça me plait. Je vais au cinema tout seul juste pour être bien et tranquille. Je me sens à l'aise avec moi-même et avec la direction que je prend, - Je concluerai en disant que finalement, je trouve cette dispute positive. Elle a permi à chacun de dire ce qu'il avait à dire, elle m'a permi de prendre conscience encore et encore de ce sur quoi je dois travailler, que je dois continuer d'écouter ma femme car elle me deliver beaucoup de message pour améliorer la situation, elle m'a permi de dire ce que j'avais à dire. Bref, je pense qu'elle nous a permi de continuer d'avancer ! Sympa pour une dispute non ?
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