mardi 17 novembre 2015

17.11.2015 - Le poids de la solitude

Ce week end a été riche en enseignements.
  1. D'une part, cela fait une semaine que Elodie n'est pas là, et j'ai passé la semaine et le le week-end entier à m'occuper des enfants comme un papa célibataire le ferait.
    Ce n'est pas l'absence d'Elodie qui a été compliquée à vivre. C'est plutôt que cela m'a donné l'occasion à vivre (come une sorte de vie ma vie) ce que cela fait d'être un papa seul à élever ses enfants, un papa divorcé. Alors, il n'y avait rien de dramatique, nous avons joué, fait les devoirs, regardé la télé, passé de nombreux très bons moments ensemble. Nous avons ri, on s'est fait ds calins, on a discuté... Mais cela m'a fait prendre conscience de ce que pouvait être la solitude d'un père divorcé.
    J'aurai pû ne pas me coller cette image et simplement considérer que j'étais un père avec ses enfants, mais je n'ai pû m'empêcher d'associer cette situation à une possible situation de père divorcé, toute la semaine, et pendant 48 heures durant ce week-end.
    C'est con, car cela a teinté ma perception de ces jours. La semaine était agréable, mais le temps avancant, cette "experience" de vie en parent solitaire avec ses enfants devenait pesante. Une fois les enfants couches, cela devenait un peu plus lourd encore, car le poids de cette solitude se faisait d'autant plus sentir.
    Cela avait peu de raison d'être, car il est bon de passer du temps seul avec ses enfants. Je pense que j'ai fais exprès de m'imaginer seul, à la fois pour me victimiser (OK c'est bon), mais aussi, et c'est nouveau, pour me tester. Voir si je me sentais capable de vivre ainsi. D'ailleurs ces derniers temps je me teste de temps en temps, sur cette notion de solitude. Et bien, là, ma conclusion est assez directe : "Je n'ai carrément pas envie d'être un papa solo...".
    Pourquoi ?
    Ormis le fait d'^petre seul et de ne pas me sentir aimé (OK ça fait 2 ans que àa dure, donc...), j'ai une image très negative des couples séparés (exclusion de la communauté chrétienne qui est fortement constitutive de mon education et de mon enfance, ostrasisation sociale, échec social et familial, écart par rapport à une conception que je peux avoir de la société, association de la notion de divorce à une frange de la population divergeante de mes idées sociales, familiales, religieuses et politiques, etc).
  2. Les évènements du vendredi 13 novembre, dans Paris n'ont surement pas aidé l'ambiance a être légère.
    Les moments avec les enfants étaient légers, agréables, sympas, mais l'ambiance générale (les rues vides, les magasins fermés, les activités scolaires et sportives annulées, les parcs fermés) tout ceci a accru de façon flagrante la notion de solitude.
    Paris, en tant que ville morte, était pesante et cela pesait sur mon moral. Je me suis volontairement tenu éloigné de la télé, de la radio et des médias sociaux afin d'éviter d'accroître le côté anxiogène, mais d'un auter côté, cela contribuait à cette sensation de solitude.
    Dans ces moments, on a envie d'être avec ses proches, de les serrer dans ses bras, de leur dire combine on tient à eux. Je ne pouvais le faire avec Elodie, car d'une part elle était loin, mais d'autre part, nous ne sommes pas encore (ou plus) dans ce type d'échange. J'ai un peu écris à mes amis pour prendre de leurs nouvelles, mais sans grandes effusions. Elles n'étaient pas nécessaires je pense, ils allaient bien et moi aussi. J'ai profité de mes enfants, mais là aussi sans manifester de façon outrancière une affection différente de d'habitude, pour ne pas les inquiéter et exagérer en eux la gravité de la situation.
    Donc j'ai ressenti de façon un peu plus forte que d'habitude ce manque affectif, ce manque de tendresse, ce manque de proximité, ce manqué d'unité, de fraternité, pourtant fort légitime et nécessaire dans ces moments dramatiques pour notre pays, notre vie quotidienne et l'humanité.
Donc, autant dire, que la vague de "vieux démons"(cf article du 13.11.2015)  pouvait s'appuyer, ce week-end, sur un allié de poids : l'ambiance morose, la difficulté d'être léger, et la sensation accrue de solitude... (Dirai-je d'abandon ?)
Ainsi, lundi, j'ai voulu écrire un long SMS à Elodie, pour lui parler de l'ambiance à Paris, de la minute de silence très émouvante, des enfants qui posaient des questions mais qui allaient bien, etc... Sa réponse a été plutôt sympathique.

Finalement, qu'en est-il de ce travail de sappe commencé vendredi et continué ce week-end ?
Un lundi mitigé durant lequel j'ai repris le travail de façon plus intensive, mais des pensées moroses et negatives, qui pointaient le bout de leur nez de temps en temps. Je sentais que je devais lutter avec conscience pour les maintenir à l'écart ce qui ne m'était plus arrivé depuis plusieurs semaines (2 mois dirais-je), et puis ce mardi matin, un petit moment de réelle faiblesse. Une brèche dans mes protections et hop... un SMS à ma psy. Mais finalement, en écrivant ces lignes et en reprenant certaines réflexions et souvenirs de ces dernières semaines, plusieurs mécanismes de protections se sont remises en place, et j'ai réalisé, que je dramatisais la situation.
Pourtant, j'ai en moi les ressources, non pas pour ne pas souffrir de cette crainte de la solitude et de l'abandon, mais pour tout au moins l'empêcher de me submerger, de me faire perdre mes moyens. Et j'ai été capable de les mobiliser pour limiter les effets de ma dependence affective. J'ai aussi réussi à voir venir la possible rechute, en percevoir les signes avancoureurs et les éléments déclencheurs. Enfin, j'ai avancé dans la découverte de moi-même et de ce villain travers qui consiste à dramatiser certaines situations émotionnellement sensibles !
Vraiment ce week-end et cette semaine seul a été riche en enseignements...

Serai-je en train de continuer de grandir ?

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