mercredi 4 mai 2016

Faire le deuil

Lorsqu’un deuil survient, ou lors d’une rupture difficile parce que non souhaitée, notre monde familier s’écroule. C’est le “désenchantement”, la perte de ce qui nous aide à garder confiance en nous-mêmes et en la vie.
Depuis toujours, les hommes ont eu recours à des cérémonies, à des chants ou encore à des gestes inspirés par la paix et la beauté à l’occasion des deuils et des funérailles. Ce rapport à l’esthétique et à l’harmonie possède une véritable fonction restauratrice pour l’âme en danger de dissolution.
Le recours à l’imaginaire, à la beauté, est indispensable, car la priorité n’est pas de “se prendre la tête”, mais de s’éveiller le cœur.

Parler de la séparation

Raconter l’histoire de la personne disparue, la vie commune avec elle, permet en effet de débloquer le mouvement de la pensée, de l’empêcher de tourner en rond autour de la souffrance, l’enfermant ainsi dans un “enkystement” douloureux. Même si les propos sont nostalgiques et pénibles, ils sont consolateurs et restructurants dans la mesure où ils représentent la continuité de l’existence.
Trouver du sens à la séparation et donner une cohérence à cette expérience permet de moins souffrir.

Penser la séparation

Il est donc souhaitable qu’une rupture ou un décès ne soit pas hors du champ de la pensée. Il faut pouvoir se les représenter aussi clairement que possible, selon la philosophie implicite ou explicite qui nous est propre : stoïcisme volontariste, fatalisme plus ou moins teinté de foi religieuse en la providence, grilles de lecture psychologiques ou psychanalytiques, etc. Ce déchiffrage peut faire affluer des idées, des questions, et réamorcer le processus de pensée et de parole.

Retrouver les gestes de la vie

Pour qu’une rupture, une séparation, un deuil ne soit pas dévastateur, il faut s’attacher à maintenir son intégrité physique et psychique, sa cohérence intérieure. On évite de s’abandonner à son “triste sort” en ne négligeant pas les gestes élémentaires de la vie : se laver, changer de vêtements, se nourrir correctement, ne pas recourir aux produits toxiques, en particulier l’alcool. En s’occupant de soi, en usant d’une certaine sollicitude envers son propre corps, en prenant soin de soi-même, on combat le vertige d’une identification mortifère à l’objet perdu. »

Le chagrin

Accepter le chagrin, voire se laisser aller à pleurer car cela permet d'entrer en contact avec soi, d'intégrer la séparation.
Pleurer, c'est important. Laissez couler vos larmes.

Un cheminement qui prend du temps

Le travail du deuil est incompressible, on ne peut ni l’accélérer ni sauter des étapes. Il ne connaît pas le temps, il a ses tours et ses détours, ses haltes, on ne peut que se rendre disponible pour ne pas entraver ses mouvements. »
Les spécialistes sont unanimes : chaque cas est singulier, chacun traverse le deuil à son rythme et à sa façon. « À certains moments, la personne se croit tirée d’affaire, puis elle rechute et panique de se sentir reprise par un chagrin intense. C’est normal, le cheminement n’est ni rationnel ni linéaire, rassure Christophe Fauré. Il faut du temps pour accepter, pour exprimer toute la palette de ses émotions, puis pour tisser un nouveau lien avec le disparu et enfin pour réinvestir sa vie. »

Réinvestir ma vie, c'est à dire me réapproprier des moemnts à moi, du plaisir à moi, des activités à moi... Lecture, JdR avec mes amis, sport... En trouver d'autres...

Etape du deuil

  • Le déni (denial) : ce n’est pas vrai, c’est impossible.
  • La colère (anger) : pourquoi lui (moi) ? C’est injuste !
  • Le marchandage (bargaining) : laissez-le (ou moi) vivre encore au moins un an, si je m’en sors (ou s’il s’en sort), je changerai tout dans ma vie.
  • La dépression (depression) : tout est perdu, rien n’a plus d’importance, je suis déjà mort.
  • L’acceptation (acceptance) : je comprends et accepte que c’est comme ça, je sens une forme d’apaisement en moi.

Me faire aider ?

La psy oui
Mes amis ? Attention tous ne sont pas de bons conseils. Il est important de leur dire ce que je ressens, ma tristesse...
Associations ?

Accepter la réalité de la perte, aimer le disparu d’une façon nouvelle sans pour autant renoncer à la vie, c’est sans doute ce que Freud entendait par l’expression « tuer le mort en nous », non pas le disparu, mais cette part obscure de nous qu’il faut convaincre de dire oui à la vie.

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