Tout allait bien.
J'allais revoir Sandrine et nous allions passer une belle soirée et une nuit ensemble.
Sauf que depuis quelques jours, le petit vélo dans ma tête menace de redémarrer.
J'allais revoir Sandrine et nous allions passer une belle soirée et une nuit ensemble.
Sauf que depuis quelques jours, le petit vélo dans ma tête menace de redémarrer.
Et hier, soir, voilà qu'il repart !
1ière phase - Mise en place de la gamberge
La gamberge était simple :
- Je suis nul,
- Je suis inintéressant,
- Je suis lourd,
- Je suis habillé comme un poux,
- J'ai une sale tête,
- Mes blagues sont ridicules,
- Lorsque je rigole, je glousse bêtement,
- Mes SMS n'ont aucun interest !
Et me sentant ainsi, j'ai l'impression que tout le monde me voit ainsi, que tout le monde me trouve ainsi : nul.
Je n'ai pas réussi à cacher ce coup de mou à Sandrine, qui, très gentiment, a cherché à comprendre, me questionnant de façon bienveillante et pleine d'empathie.
Elle a cherché quelle pouvait être la cause de ce coup de blues, si cela venait de mon travail, de ma situation personnelle, de notre histoire, de l'évolution de ma relation avec mes paretns, de quelque chose qu'elle aurait fait (ou pas fait) et qui me contrarie ? Peu locace, je répondais principalement par des "Je ne sais pas", "Je ne crois pas". Je lui ai juste lâché, que je me trouvais nul et inintéressant et que j'aais ce sentiment qu'elle me voyait ainsi.
2ième phase - Emballement et cercle vicieux
A partir de là, la vague de pensées négatives ayant rompu les digues de ma forteresse mentale, ells se sont mises à s'emballer :
- Oui, tu es nul de prendre ainsi la tête à Sandrine,
- Elle a autre chose à faire que de s'occuper de tes états d'âme,
- Tu es là pour lui apporter soutien, Bonheur et plaisir, et là tu lui fais une soirée tête d'enterrement,
- Tu es censé être un homme fort, sûr de lui, qui prend des décisions, qui regarde la vie avec confiance et qui ne se prend pas la tête. Or là tu montres une image de faiblesses, de failles, tu ne vaut rien.
Sandrine comprenait parfaitement, et faisait preuve d'une grande bienveillance :
- Cela te rend humain de montrer ainsi tes faiblesses,
- Je ne veux pas d'un homme avec une carapace,
- Tu as le droit de ressentir des choses négatives, tu es un vrai humain, pas une machine,
- Beaucoup de femmes rêveraient d'avoir un homme humain, sensible à leurs côtés.
3ième phase - Assaut !
Ces mots sont beaux et devraient me rassurer, mais ils provoquent une nouvelle vague de gamberge, alimentée par de vieux reproches d'Elodie ou des points sur lesquels ma psy appuie et qui me font mal :
- Tu passes ton temps à te plaindre,
- Tu saoules les autres avec tes états d'âme,
- Tu as fatigue Elodie et provoqué son éloignement de ton couple par tes comportments geignards et infantiles,
- Tu vas fatigue cette nouvelle histoire, et elle va se lasser,
- Elle ne va plus trouver le plaisir, le bonheur et la légèreté que tu lui as apporté depuis le début,
- T'es lourdingue, putain, arrête,
- Tu fais tout le temps la gueule,
- Tu ramènes tout à toi,
- Tu parles tout le temps de toi,
- Tu n'es pas le seul à avoir des soucis,
- Tu te comportes comme un enfant qui veut l'attention de sa maman.
Tout se met alors à se mélanger. Suis-je vraiment encore à me comporter comme un enfant qui se plains ? N'ai-je pas le droit parfois, d'avoir un coup de mou ? Suis-je ainsi tout le temps et je ne m'en rend pas compte, ou est-ce simplement de temps en temps et finalement acceptable ?
Sandrine voit-elle cela tout le temps chez moi ? Va-t-elle finalement se rendre compte que je suis nul ?
Je me rend compte dans ces moments, que je n'arrive pas à être indulgent avec moi-même et à simplement accepter d'avoir ces moments. J'ai aussi du mal à les exprimer, à dire ce que je ressens et cela se manifeste par un renfermenent sur moi-même, une envie de me transformer en petit souris et de disparaître dans un trou, envie de me rouler en boule sous ma couette et de m'endormir...
4ième phase - Culpabilisation
La nuit étant passée, le réveil se fait doucement.
Sandrine me demande si je me sens mieux, si je me sens plus léger. Elle est adorable, car elle s'enquiert de mon état et de ce que je ressens.
N'étant pas totalement remis de ma gamberge, je répond par un petit bof. Et la culpabilité se met en marche :
- Pourquoi tu t'es plains ?
- Tu n'as pas été capable de te retenir, il a fallu que tu geignes,
- Tu n'as pas réussi à lui cacher ton état intérieur,
- Tu lui a pourri la soirée que nous devions passer ensemble (pourtant, elle n'a cessé de racotner cette jolie soirée, simple, à cuisine ensemble, à fumer une cigarette ensemble, à aller acheter des oeufs ensemble. Elle a répété plusieurs fois : j'adore, meme les choses aussi simples que ce quotidian que l'on partage).
J'ai alors voulu revenir sur la discussion et ma prise de tête de la veille. Mais j'ai préféré me taire, ne pas refaire le lourdingue une fois de plus. J'ai tenté de sourire, de rire. J'ai réussi quelques fois et elle l'a remarqué.
J'ai voulu lui exprimer ma reconnaissance pour son soutien et sa présence, mais je me suis dit que ce serait "too much", genre le mec qui tombe dans le pathos.
Une fois que l'on s'est séparé pour aller chacun à notre travail, j'ai voulu lui envoyer des SMS débordant d'amour et de reconnaissance, puis une fois arrivé au travail, j'ai voulu lui écrire une letter pour revenir sur notre échange et lui exprimer ma gratitude.
Je n'ai rien fait de tout cela, trouvant ma réaction nulle, lourde, collante, mielleuse.
Je n'ai rien fait de tout cela, trouvant ma réaction nulle, lourde, collante, mielleuse.
Fait chier ce petit vélo de merde !
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