Nietzsche disait « Souviens-toi d’oublier », c’est parce qu’il savait combien le passé pouvait être « un fossoyeur du présent ». Collé au passé, il devient impossible de goûter ce qui se donne à vivre.
Comment faire ? Jeter les vieux albums photos ? Fuir cette famille ou ce lieu chargé de souvenirs douloureux ? « On ne peut pas se libérer de son passé si l’on cherche à s’en débarrasser, répond Jacques André. Ou l’on se rendra vite compte que nous sommes toujours pris dans les mêmes histoires, les mêmes conflits, malgré tout. »
L’apaisement passe, au contraire, par la confrontation : « Regarder en face la souffrance que ces manques ou expériences qui nous hantent ont générée, conseille Nicole Prieur. Une étape difficile puisqu’elle réactive la douleur initiale, mais qui permet d’exprimer ses ressentiments : “Oui, j’en veux à ma mère de m’avoir si mal aimé, oui, je déteste tel aïeul de m’avoir chargé de réparer sa mémoire…” Il est indispensable de s’autoriser à être déloyal envers son passé et les gens qui nous ont fait souffrir. » Des règlements de comptes qui, précise-t-elle, ne doivent pas se faire ouvertement, mais en nous. Alors, et suivant un processus que la thérapeute qualifie de « quasi magique », « nous devenons capable de voir non plus ce que nous n’avons pas reçu ou ce qui nous a fait souffrir, mais ce que nous avons reçu et ce qui nous a fait grandir ». Le passé n’apparaît plus comme un poids, mais comme une ressource. Et, cessant d’être la victime d’un temps qui n’existe plus, nous pouvons redevenir l’acteur du seul qui nous appartienne vraiment : le present.
Nos souvenirs sont des bons guides
"Nous sommes tous plus ou moins piégés par l'illusion que nous pouvons contrôler nos souvenirs" déclare Jean-Louis Monestés. Or, plus nous tentons de maîtriser l'impact de "l'ancien" sur nos vies et moins nous laissons de place au nouveau. Il y a comme une sorte de compétition entre les deux…Nos souvenirs ne sont pas nos ennemis, lutter contre eux ne peut que nous empêcher d'avancer. " A l'opposé de cette fâcheuse habitude que nous avons tous, nous pouvons cesser de considérer nos souvenirs comme nos ennemis, et en accepter la trace que nous en portons, pour s'apaiser" propose le psychologue. Le but est de prendre conscience de nos pensées, de nos émotions et donc de nos souvenirs même les plus désagréables. Ce faisant, il est possible de parvenir à une régulation émotionnelle.
Faire la paix avec son passé en pratique
1. Acceptez les souvenirs, comme faisant partie de vous.
Une musique qui vous rappelle votre ex, une robe sur une collègue qui vous évoque celle qui vous a piqué votre projet…
Cet événement a réellement fait partie de votre vie, et il vous a sans doute transformé(e). L'idée principale consiste à faire corps avec ses souvenirs. Ce qui demande de prendre pleinement conscience des vagues qu'ils créent encore en vous, et c'est le plus difficile. En se laissant traverser, sans s'y identifier, il est possible de prendre du recul.
2. Cessez d'éviter les situations en lien avec ce souvenir.
Un lieu, un livre, un centre d'intérêt… de nombreux éléments sont reliés à un souvenir douloureux. Eviter d'être en contact demande de mobiliser beaucoup d'énergie en réalité. Lâchez prise et si vous vous y retrouvez confrontés, rien ne vous empêche d'y associer de nouvelles sensations, émotions…positives cette fois !
3. Quelques pistes de therapies
Très clairement par des techniques de libération des émotions. Parler ne suffit pas. Il convient de permettre aux patients de retrouver le contact avec les émotions et les sensations liées au souvenir non digéré.
C'est seulement en retraversant celui-ci et en exprimant enfin sa colère qu'on peut se remettre droit. La colère est en effet l'émotion que la nature nous a donnée pour nous réparer des blessures que les autres nous ont infligées.
De nouvelles thérapies dites "thérapies de la pleine conscience" et "thérapie d'acceptation et d'engagement" donnent de bons résultats.
L'EMDR est une psychothérapie particulièrement efficace pour guérir nos blessures.
L'écriture d'une lettre de colère, travaillée ensuite avec son psychothérapeute peut être un autre moyen efficace.
Décharger physiquement sa colère dans un coussin de colère est également une alternative thérapeutique intéressante.
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire