Entre la discussion avec mon ami Christian, l'écriture de l'article précédent et la discussion de l'après-midi avec S, j'ai réussi à passer une bonne soirée, plutôt tranquile sans stress, ni angoisse.
Mais ce matin, les pensées négatives reviennent, comme si je prenais un malin plaisir à les imaginer et à les garder en tête.
Le mécanisme est souvent le même. Soit je reprend un élément, une parole, une information passée et je la remet dans ma tête pour la rendre négative et la tourner contre moi. Soit, un nouvel évènement, souvent, voire systématiquement anodin, relance le petit vélo dans la tête et je me met à ruminer le brouhaha de mes pensées...
Ce matin, ça s'est déclenché de façon simple et directe.
Le temps commençait à être long car je ne recevais pas de SMS. j'avais décidé de ne pas en envoyer, pour quelques raisons obscures, histoire de ne pas montrer que j'étais celui qui initiait le contact, histoire de montrer que je ne suis pas accro. (Sauf que je suis accro, et qu'en agissant de la sorte, je ne donne pas tout mon amour, je le garde, je le refrène, je me recroqueville sur moi...).
Puis vers 10.30 arrive un SMS : "Hi!".
J'aurai dû être heureux et content d'avoir un signe tant attendu. Sauf que le signe n'est pas celui que j'espérai. J'aurai préféré avoir encore une fois un message débordant d'amour, de tendresse et de complicité, dans lequel S me mettait encore au centre de sa vie.
N'ayant pas eu ce message, j'ai d'une part commencé à bouder, à me renfrogner, à ronchonner intérieurement, mais ensuite, j'ai répondu par un message plutôt laconique.
Puis la machine à ruminer s'est mise en marche. N'ayant pas de nouveaux messages, juste ce "Hi!", j'ai commencé à me dire qu'elle ne savait plus quoi me dire, que je devenais un bon copain à qui on fait un salut de la main, de loin, j'ai commencé à sentir en moi un lien s'étioler. Elle ne m'aime plus, elle préfère son ex-mari, elle s'implique plutôt dans son week-end que dans notre relation. Pourtant elle m'a promis dès le début que j'étais le centre de sa vie, celui qui la portait, qui la faisait vivre et j'y ai cru. Je devrai me réjouir d'avoir ce message, imaginer qu'elle prend du plaisir avec sa famille, avec ses amis, avec ses enfants. Non ! Je ramène à moi, et comme je n'ai pas l'attention requise, voire réclamée intérieurement, je commence par de la colère. La colère monte, je lui en veux, puis je lui accorde de mauvaises intentions à mon égard. Elle me ment, elle n'a pas conscience qu'elle se lasse mais ce moment va venir. Elle n'ose pas me le dire, mais elle se lasse, et elle attend qu'on soit en face à face pour me le dire.
Bien sûr j'étaye mes réflexions de preuves indiscutables, construisant ainsi une réalité dont JE SUIS A L'ORIGINE, bafouant ainsi les accords toltèques, mais aussi la confiance que je dis avoir en S.
- Avec son ex, elle n'a pas osé dire les choses, elle les a gardées pendant des années jusqu'à ce que cela explose. Là, elle fait pareil avec moi. Elle n'ose me dire les choses.
- Sa décision de quitter son ex s'est imposée à elle. Donc j'en déduis qu'elle n'a pas pris la décision d'elle-même, et donc que là aussi, la décision va s'imposer d'elle-même, et elle me l'imposera.
- Son besoin de séduire tout le temps fait que maintenant, je ne remplis plus sa carence affective, et elle va obligatoirement aller chercher se remplissage à l'extérieur. Je lui attribue même des attitudes de méchantes personne superficielle, manipulatrice, égocentrique, qui m'utilise pour son propre égo, bafouant ainsi ce qu'elle me dit lorsqu'elle dit que c'est une fille simple. Je ne lui fais plus confiance dans ces cas-là.
- Bien sûr les autres complotent avec elle, autour d'elle. Ses parents l'amèneraient-ils à douter de notre relation maintenant qu'elle leur a avoué que j'étais dans sa vie ? Ses frères et soeurs tenteraient-ils de la remettre avec son ex, donc cela signifierait me quitter ?
- Dès le début, elle m'a dit qu'il n'y avait pas de place pour un homme dans sa vie. Donc au bout de 4 mois, je me dis que je n'ai plus de place, que cette place, je l'ai eu artificiellement, pour satisfaire son ego du moment, et que maintenant qu'elle a pris du recul, d'une part, elle réalise qu'il n'y a, effectivement, pas de place pour un homme, elle a trop de choses à faire, à gérer et à s'investir (amis, séduction, travail, concours d'institutrice, etc, etc, etc), et que d'autre part, je suis envahissant, je réclame toujours de l'attention et donc je l'ai déjà fatiguée, épuisée !
Donc, c'est le bordel dans ma tête :
- Je recommence à penser à sa place !
- Je recommence à vouloir la contrôler pour l'avoir à ma merci, et qu'elle "m'aime de force" !
- Je ramène tout à moi. Tout le monde me doit tout et doit faire les choses comme JE le veux, comme un enfant capricieux et boudeur,
- Je ramène tout à moi, on me doit tout, je dois être le centre de l'univers de tout le monde,
- Je rend l'autre (S) responsable de mes souffrances, de mes difficultés, de mes problèmes,
- Je donne à mes pensées le pouvoir et considère qu'elles SONT la réalité. Or les pensées ne sont que des pensées, elles ne sont pas la réalité. Elles ne sont que le fruit de mon imagination débordante, déviante et autodestructrice.
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