Après 4 jours d'absence de la maison pour raison professionnelle, 4 jours d'enfer, de doute, d'angoisse, 4 jours à sombrer dans les abimes de ma Dépendance, je vous livre ici, comment elle s'est déroulée :
- Retour de 4 jours de voyage. Arrivée à la maison.
Les enfants sont heureux de me voir et j'éprouve du plaisir à les prendre dans mes bras et à leur parler. Je parle gaiment de mon séjour. - Élodie sort de la douche. Les activités des enfants (sport et musique) vont commencer. Il faut se presser. "Coucou. Il faut leur mettre leurs chaussures". Un léger sourire mais rien d'autre. (OK c'est déjà ça, me direz-vous !)
- Je raconte mon voyage aux enfants.
- Nous déposons notre fils à son sport, et je dépose Élodie à une réunion de rentrée scolaire.
Dans la voiture je raconte encore un peu de mon voyage en insistant sur les bons aspects (soirée sans un 5 étoiles, match de rugby de la vieille, etc. Je tente d'être léger). Nous abordons aussi un élément de planning qui devrait coincer entre une activité nouvelle que je débute et elle-même une activité de son côté, pas de friction, ni d'agressivité dans l'échange. Mais pas de solution pour ce fameux soir où nous serons tous les 2 à l'extérieur. (Je ne veux pas céder et ai décidé daller à mon activité quoi qu'il se passe. Je veux penser à moi et ne pas céder à SES activités qui ont pris le pas sur tout, et sur mon propre bien-être), - Je me répète sans cesse : "Surtout n'attend aucun signe de sa part", "Laisse la tranquille", "Tout va bien". A ce stade, la journée se déroule bien.
- Je vais faire les courses avec ma fille.
Moment sympa durant lequel j'oublie l'extérieur et ne suis que dans le présent avec ma fille qui me fait rire. - Je récupère mon fils à son sport et Elodie m'appelle pour me dire que sa reunion est terminée.
Je lui propose de venir la chercher. Mon ton est assez neutre. Elle me lance : "Si ça t'enchante pas de venir me chercher, dis le !"... Je réponds "Si, ça m'enchante, mais je parle bas car il y a du monde autour de moi...". Je vais la chercher.
Qu'est-ce qui lui prend ?
J'aurai voulu être plus ferme dans ma réponse, du style : "Ce n'est pas que ça m'enchante ou pas, je t'ai propose de venir, j'arrive..." ou bien "Et toi ça t'enchante ?" - Nous rentrons chez nous pour le déjeuner, puis j'amène notre petite fille à son cours de musique. En l'attendant, je prend un peu de temps pour moi, pour écrire un peu sur le blog.
- Une fois l'activité de notre fille terminée, je reviens à la maison.
Elodie dort, notre fils ainé joue et je vais m'allonger dans la chambre de notre fille pour dormir. Je suis assez détendu. Je ne réfléchis pas trop, j'ai juste envie de dormir un peu. Je suis tellement fatigué. J'arrive à m'endormir quelques instants et surtout, j'arrive à ne pas me jeter sur mon telephone pour voir si elle a été sur Facebook, si elle a reçu des SMS, etc... - Elle se réveille et vaque à quelques activités dans la maison.
Bêtement, je commence à gamberger. Elle ne demande pas aux enfants où je suis ? Pourquoi ? S'en moque-t-elle ? Que je sois là ou pas lui importe-t-il ? (Et oui, questions stupides, mais tellement classiques chez un Dépendant Affectif). - Nous partons faire quelques courses avec les enfants.
Dans la voiture, je lance quelques discussions anodines sur l'actualité, la rentrée scolaire. Elodie y participe. Nous sommes calmes, je ne sens pas particulièrement de tensions, et je me répète sans cesse "N'attend aucun signe de sa part...". - Les courses se passent bien.
Nous achetons des fournitures pour les enfants. Elodie et moi participons à même hauteur aux courses, elle me demande mon avis, je lui demande le sien.
Elle desire même s'acheter quelques vêtements et me demande mon avis en les essayant. Bien sûr, cela me rempli de joie... Elle me demande mon avis ! Ouaou !
Alors oui, c'est une joie générée par la satisfaction de ma dépendance face à l'objet de mon amour. Mais au moins, cela donne un peu de répis et de force pour la suite. - Retour à la maison, nous nous préparons pour partir à une soirée chez des amis.
Elodie me demande mon avis sur sa tenue vestimentaire !
Nouvelle joie chez moi. J'existe ! (c'est tellement factice !)
Pour ma part, je m'habille dans une tenue qui, je le souhaite en arrière-fond, plaira à Elodie, mais surtout, dans laquelle je me sens bien, beau, fort, homme. Et oui, hélas, il faut que les autres me voient... - Sur le trajet pour la soirée, nous échangeons quelques banalités.
Je continue d'être plutôt joyeux et positif dans mes propos. - Durant la soirée, je reçois plusieurs compliments.
On me voit... Là encore cela me fait du bien, même si je pense que cela ne vient que de la satisfaction de ma dépendance... Regardez moi, admirez moi, aimez moi !
Les gens posent même quelques questions à Elodie sur ma bonne mine et les kilos que j'ai perdus. Elle ne fait que répéter sur un ton laconique : Oui, il a maigri. - Durant la soirée, j'arrive à ne pas observer Elodie, à ne pas guetter ses réactions à mes propres actes. Je passe même 2-3 heures à discuter avec une invitée de nos boulots respectifs et je réalise au bout de la discussion, que j'étais bien là, présent dans l'instant, sans que mes pensées ne soient parties vagabonder du côté d'Elodie. En revanche, durant la discussion, je realize aussi que je fais et dis beaucoup de choses pour me mettre en avant, pour qu'on me voit et qu'on m'admire.
J'aimerai tellement pouvoir être là, dans une discussion, simplement là, sans arrière pensée, juste là, à écouter... - Discussion d'Elodie avec le papa de Gordon.
Je surprend quelques bribes.
PdG : "Tu ne vas pas foutre en l'air ta famille et ton couple pour ton boulot ?".
E : Je ne sais pas.
PdG : "Alors tu sais pourquoi t'es là, à cette soirée ?"
E : Même pas...Mon cœur se met à battre fort. L'entendre dire ca me fait mal. Il n'y a rien de nouveau mais le couteau est de nouveau remué dans la plaie de nos souffrances. Plus rien n'a de sens pour Elodie. Elle est perdue... Toujours aussi perdue dans les profondeurs de ses doutes. - Je suis triste, alors je m'isole quelques instants.
Elodie va danser. Il est tard, mais elle ne semble pas décidé à rentrer a ls maison. Elle veut clairement danser. Je reste à distance car la voir ainsi, si belle et sexy, en train de danser au milieu de ses copains, m'ignorant, m'affecte. - Puis au bout de 15 minutes, je décide de continuer de m'amuser et vais danser à mon tour.
Là je fais un peu le show, je fais le DJ, je reçois des compliments... Je veux qu'on me regarde, quitte à ce qu'on ne regarde plus Elodie ! (C'est nul... Ce n'est pas pour la punir, mais j'espère peut-être qu'elle me voit au travers du regard des autres ?) - Durant la soirée, Elodie dit ne pas beaucoup boire
Pourtant à une certaine heure tardive, elle me dit, surprise : "tu as vu quelle heure il est ? C'est dinguE j'ai comme zappé 3-4 heures, je ne sais même pas ce que j'ai fait !". Elle me le redira à plusieurs reprises... Alcool et médicaments ne font pas bon ménage ? Je trouve qu'elle boit de plus en plus régulièrement. Une fois par jour minimum (bière ou vin à table) + pot assez copieusement arrosé.., (NB : d'ailleurs, le lendemain,elle se lèvera avec un énorme mal de tête, une énorme migraine un peu comme en milieu de semaine après une nuit blanche et un drame amoureux avec son amant, qui l'a conduit à picoler un peu trop, je pense !) - En fin de soirée, alors que Elodie a dansé, souvent seule, mal à l'aise avec son corps qu'elle tente de faire bouger de façon sensuelle et séduisante, Germain s'approche de moi et me dit : "Il faut que tu fasse rêver ta petite femme. Elle doute de tout ce qu'elle fait dans sa vie..."
Et hop. nouveau coup de couteau.
Elle parle de plus en plus de ses doutes, elle en parle à de plus en plus de personne. A qui ? Quels doutes exactement ? Est-ce bien qu'elle en parle ainsi ?
Je réponds (bêtement je trouve) : J'essaye mais plus rien je la fait rêver, et surtout pas moi. Encore une fois, je trouve un moyen de ramener à moi... Quel idiot !
Magnifique réponse typique d'un dépendant affectif, non ?
Je suis triste mais je le cache. - La musique continue, je vais vers elle, prend son visage entre les mains et dépose un long baiser sur ses lèvres. J'en avais envie, juste lui donner ce baiser et je n'ai rien attendu en retour (j'ai réussi ! oui :-)). Elle s'est laissée faire puis j'ai tourné les talons et je suis retourner danser.
Je fais beaucoup de choses pour l'on me voit, qu'on m'admire, qu'Elodie me voit et m'admire aussi. Preuve supplémentaire de ma dépendence affective, si il y en avait besoin
Je dois réussir à accepter que les doutes d'Elodie m'échappent, ne m'appartiennent pas, qu'ils lui appartiennent et que je n'ai pas de prise sur eux.
C'est elle avec elle-même, ses erreurs, ses blessures d'enfance, sa dépression, sa psy... Pas facile ! je ne dois pas me laisser emporter par eux et provoquer un début de panique.
Le sevrage ne fait que commencer !
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