vendredi 18 septembre 2015

Surtout ne rien attendre de l'autre

La psychothérapeute que je vois depuis plus d'un an me répète sans cesse une phrase, que, de surcroît, je lis partout sur les sites de développement personnel et de gestion de crise amoureuse dans les couples : "Surtout ne rien attendre de l'autre...".
J'avoue que j'ai beaucoup de mal à comprendre cette phrase, et encore plus à l'appliquer, même si je sens, au fond de moi, qu'elle contient une des clés pour sortir de ma dépendance affective si douloureuse à vivre.


Très sincèrement, je suis persuadé que je donne sans compter, que j'exprime mes sentiments, mes émotions, mes avis, sans attendre de retour de mes interlocuteurs, et en particulier de mes proches et de ceux que j'aime.
Or je pense de plus en plus que je me mens, ou en tous cas que je me voile la face. Un grand nombre des actions que j'entreprends à destination de ceux que j'aime, et en particulier mon épouse, visent à obtenir des signes m'indiquant qu'ils m'aiment, que je compte à leur yeux, qu'ils me voient ou que j'existe pour eux.
Ce besoin est tellement insidieux que cela va encore plus loin !

Conscient que cette phrase doit avoir du sens, j'ai décidé de me la répéter régulièrement, un peu comme un mantra, avant d'entreprendre une action à destination de mon épouse "Surtout n'attend rien d'Elodie en retour de ce que tu vas faire... Surtout n'attend rien d'Elodie en retour de ce que tu vas faire... Surtout n'attend rien d'Elodie en retour de ce que tu vas faire...".

Et bien encore ce matin, je me suis fait la démonstration flagrante que je n'écoute pas cette phrase, que je ne l'applique pas, que je me mens, y compris, en me persuadant que je vais parfaitement gérer l'absence d'une réponse de sa part à un SMS que je venais de lui envoyer.
Le SMS, tout à fait anodin "Coucou, comment vas-tu ce matin ?" est parti de mon téléphone à 9h36. (Je note que j'utilise une phrase interrogative, qui devrait automatiquement entrainer une réponse... Je suis donc en demande de réponse...)
9h40 : pas de réponse. Le rythme des battements de mon coeur commence à augmenter.
9h50 : pas de réponse. Mes tempes commençent à battre et mes oreilles se mettent à bourdonner.
10h00 : pas de réponse. Je ne tiens plus en place, je fais les 100 pas, j'enchaine cigarettes sur cigarettes et je commence à bombarder ma psy et quelques amis, de dizaines de SMS leur décrivant mes pensées, passant de la colère la plus violente (noms d'oiseaux balancés à mon épouse qui ne me répond pas) à une profonde tristesse, de l'angoisse de ne pas exister à ses yeux à l'inutilité de continuer à me battre pour sauver mon couple, de l'envie de mettre fin à cette vie de souffrance à l'abattement le plus complet en constatant à quel point je ne suis qu'une grosse merde qui ne vaut rien !
En 24 minutes j'ai été totalement submergé d'émotions négatives les plus destructrices et épuisantes aussi bien physiquement que psychiquement.

Si vous avez déjà connu ce genre de crise d'angoisse et de panique, vous savez surement de quoi je parle. Cette incapacité à se contrôler et la spirale infernale qui vous emporte vers les pensées les plus extrêmes et les plus sombres.

Et bien, pourquoi m'être mis dans cet état ?

Je pense qu'en fait, j'avais envoyé ce SMS pour avoir un signe de sa part, un signe que j'existe encore pour elle (Elle, qui vit, de son côté, un adultère secret depuis plus d'un an et qui semble m'ingorer de plus en plus), que je pourrai au moins avoir droit à un peu de considération de sa part à travers un "Bonjour, tout va bien. Passe une bonne journée.". Mais ce signe ne venant pas, mes pensées ont été emportées par le flot d'émotions négatives qui habitent mon esprit, par ma peur d'être abandonné, de ne pas être aimé, de ne même plus être vue par la femme que j'aime. Elles se sont alors emballées, me laissant incapable de contrôler mon état.
Tout cela parce que j'attendais, effectivement, un signe, quelque chose de la part de ma femme.
Cette belle phrase "Surtout n'attend rien d'Elodie en retour de ce que tu vas faire..." avait purement et simplement disparu de mon esprit, laissant place à ma dépendance et au vide immense que je désire qu'elle comble...

Alors voilà, j'ai l'impression qu'écrire ce processus, va me permettre de l'accepter, d'en être plus conscient et donc de pouvoir mieux le combattre.
J'en parlerai demain avec ma psy.

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