samedi 10 octobre 2015

10.10.2015 - Premiers pas avec mon Enfant Intérieur

En vrac, voice le flot d'images que mon Enfant Intérieur m'a envoyé quelques instants après avoir repris contact avec lui pour la première fois depuis des années :

  • J'ai l'impression qu'on m'a toujours fait faire des choses que je ne voulais pas et qui me mettaient en avant alors que je ne le voulais pas :
    • Chant de Noël en soliste à Metz,
    • Etre le "chef" des tenors,
  • On  m'a toujours renvoyé l'image du fils d'un intello, du fils du colonel, qui habitait là-haut dans la grande maison blanche (la maison de mes parents est effectivement sur un petit promontoire, meme si il n'est pas le plus élevé de la vallé),
  • Je n'étais pas comme les autres, tous des fils de paysans, issus du coin. Moi je n'étais pas du coin. Moi je n'étais pas du coin, mon père avait fait des etudes et avait un statut social perçu comme "supérieur" aux pères de mes copains,
  • Le médecin de famille m'a dit un jour : "Tu as la maladie de l'intello. Tu penses trop, tu as les mollets trop fins, il faut faire un sport dynamique, tonique, pas un sport d'endurance. Le foot c'est pas mal." Alors on m'a mis au foot.
  • Je n'ai jamais aimé faire du foot. Mes camarades de jeu étaient des bourrins, fils de paysans, et leur grands frères ou leur père étaient plutôt des personnalités "m'as-tu vu", un peu beauf, alors que mon père était une tête, éduqué, bien élevé. Eux buvaient, parlaient mal, crachaient par terre, se douchaient tous ensemble dans les vestiaires, moi mon père était plus agé, autoritaire mais pas sportif à mes yeux (je ne l'ai jamais vu faire du sport, alors qu'on me disait que durant sa carrier, il était sportif !). Je ne me suis jamais senti inclus dans l'équipe. Je n'étais pas comme eux, je n'étais pas doué, mais comme j'étais le fils d'un des membres du club, on ne me disait surement rien. J'étais numéro 10 et je n'ai jamais marqué un seul but. Les pères de mes camarades, eux, avaient été, ou étaient encore, dans l'équipe senior. Le mien était sur le banc de touche comme coach, entraineur, ou dans les tribunes.
  • Un jour on m'a fait jouer dans l'équipe senior. Cela se faisait souvent, et je me suis retrouvé pour la première fois avec des joueurs plus grands, qui m'impresionnaient aussi bien en tant que footballeurs qu'en tant que personne ; ils m'impresionnaient car ils était fort, limite brutaux, très physique, agressif dans leurs paroles et leurs attitudes pour aller conqueror le ballon. je me suis trouvé en position de marquer un but, e je n'ai pas réussi, j'ai loupe le ballon alors que j'étais à 1 mètre du but adverse, au milieu d'une sorte de mêlée. Je n'avais qu'à donner un coup de talon pour marquer un but, mon premier but, le but qui allait donner la victoire à mon équipe, au village, et j'ai loupe le ballon.
  • Les petites filles du voisin (et leur mère aussi) : t'as toujours été un intello toi ! Mi-moqueuse, mi-admirative, mi-envieuse. Elles issues d'un milieu paysans très très bas de niveau (mère ne sachant pas lire...)
  • Chorale, Ecole, Stage de musique, Sport : j'étais toujours le fils de... ou le frère de ... et je devais donc être à la hauteur.
  • Je devais sortir avec ma soeur et j'en avais honte.
    • Fête forraine du village voisin : mes copains y allaient seuls, et faisaisnet ce qu'ils voulaient, ils rencontraient des filles de l'école, etc. Moi j'y venais avec ma soeur, chaperone par ma soeur, faisant des auto-tamponneuses avec ma soeur, et j'en avais honte. A la fois d'être tout le temps avec elle, mais aussi de son physique, et aussi parce qu'elle était l'institutrice de mes copains,
    • A la piscine, chaque jour en été, nous y allions en vélo, mais une fois à la piscine, elle me chaperonnait. Je n'osais pas aller jouer avec les autres enfants, ni mes copains, car ma soeur était là !
    • J'ai l'impresion d'avoir été le fils de ma soeur !
  • A l'église, ma mère dirigeait la chorale, et on comptait sans cesse sur moi pour soutenir le pupitre des tenors, pour chanter plus fort, pour aider les autres chanteurs qui étaient tous plus mauvais que moi.
  • A l'église ma soeur jouait de la guitare et de la flute, et c'était nul. Je me morfondais de honte lorsqu'elle jouait tous les dimanches. Elle a été autodidacte, mais elle ne semblait pas se render compte qu'elle jouait de façon nulle. Effectivement, le public était acquis d'avance car elle était considérée comme étant détentrice de la connaissance musicale, et eux, paysans, n'y connaissaient rien, mais j'avais honte. Souvent même on me faisait jouer avec elle, l'accompagner à l'orgue ! Les nouvelles stars d'un bled paumé en pleine campagne, dans de vielles églises poussiéreuses, humides et remplis de vieux paysans et de vieilles femmes aux portes de la mort.
  • Les vendredi soir, lors des repetitions de chorale :
    • Je devais "diriger" le pupitre des tenors,
    • Je voyais ma soeur, grosse, devant toute la chorale puisqu'elle était le chef de choeur !
    • Idem pendant les stages de musique.
  • Mon frère s'est marié alors que j'avais 6 ans, et j'ai rencontré sa future femme à l'occasion de leurs fiancailles. Elle m'a offert un camion de pompier. Ma réponse a été directe : "Toi je t'aime bien. Tu es ma soeur !". Je la trouvais belle et sympa, j'étais fier de l'avoir commebelle-soeur.
  • Lorsque les voisins tuaient le cochon, ils invitaient leurs voisins. Tous étaient des paysans, avec de grosses mains caleuses, qui parlaient avec l'accent du sud-ouest. Moi je venais avec mes parents, je n'avais jamais tué ni vu tuer d'animal. J'étais comme dans un autre monde, extérieur à tout ce qui se passait !
  • Un paysan s'occupait du champ entourant la propriété de mes parents. Lors de la période de la fauche, j'allais l'aider. Je montais sur le tracteur, ou sur la remorque alors que mes camarades, ses enfants, eux conduisaient déjà une mobilette et le tracteur. Un jour, que j'aidais, je suis resté sur la remorque de foin et j'ai été chez le paysan, aider à décharger le foin chez eux. En reentrant, ma mère était dans tous ses états, inquiète au plus haut point, car elle ne savait pas où j'étais passé. Je ne me suis pas fait gronder, mais elle était si inquiète, inquiète que je sois tombé dans une mare et que je me sois noyé. Moi pourtant j'étais content d'avoir fait ca, d'avoir été aider jusqu'au bout, et de m'être senti libre de prendre la decision d'aller chez ce paysan sans le dire à mes parents.
  • Aussi bien à l'église, où mes parents étaient hyper actifs et toujours meneurs avec des "idées" et des propositions toujours plus inovantes, aussi bien à l'école où mes parents étaient élus, et aussi lors de sorte de veillées que mes parents organisaient avec nos voisins (comme cela se faisait dans la famille de ma mère en Tunisie), chaque fois j'avais l'impression d'être constraint de participerr, et j'avais l'impression que les autres, paysans simples et peu habitués à discuter, à se livrer, à remettre en cause l'ordre établi, j'avais l'impression qu'ils se forcaient un peu aussi. j'étais gene, souvent mal à l'aise, pas naturel, et j'avais l'impression qu'eux aussi étaient ainsi, pas à leur place.
  • Ado, je me lance dans le JdR : ma mère me glisse un billet dans un de mes livres de JdR : "Pourquoi t'adonnes-tu au diable ?",
  • J'écoutais une musique que mes parents ne connaissaient pas (eux étaient bloqués sur Joe Dassin, ou de vieilles chansons françaises), moi j'écoutais de la musique morderne, la radio FM de l'époque (Madonna, Mickael Jackson, les Forbans) et ça avait visiblement l'air de les déranger, de les chagriner : "Pourquoi on te paye des etudes au conservatoire pour écouter ce gene de musique ?" Idem plus tard lorsque j'ai tenté de leur faire découvrir la musique gothique que j'appréciais beaucoup et qui stimulait mes emotions...
  • On revenait du Gabon, mes parents n'étaient pas comme ceux de mes camarades, nous n'étions pas du coin, nous étions décalés en tout !

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