jeudi 8 octobre 2015

J'ai un frère

Cela faisait plusieurs semaines que je voulais écrire une lettre à mon frère.
Avant hier (le 6 octobre), s'est présentée l'occasion de lui dire de vive voix ce que j'avais sur le coeur.

 Après une bonne vingtaine de minutes de sanglots, incapable de sortir un mot, j'ai réussi à lui dire :
  • Pardon.
    Pardon de ne pas avoir été ton petit-frère, pardon de ne pas avoir été là et d'avoir détourné la tête chaque fois que tu venais vers moi, que tu tentais d'ouvrir le dialogue ou que tu me tendais la main.
  • Pour moi, tu es le seul à avoir réussi ta vie dans notre famille.
    Tu as réussi à sortir du ventre de maman, tu as fait tes choix, tu as fait des choix qui t'étaient propres et tu les as assumés, avancant vers TA vie. Ca n'a surement pas été facile tous les jours, mais tu l'as fait, pendant que notre soeur, qui pouvait tout avoir dans la vie, n'a dait que la gacher inlassablement, et que moi je me perdais, incapable de couper le cordon.
    Pourtant, combien de fois j'ai critiqué, prétentieux que j'étais, la façon dont tu élevais tes enfants. Combien de fois t'avons-nous traité d'égoïste ? Combien de fois, ai-je clamé haut et fort que nous avions un lien biologique, mais rien d'autre, car il y avait trop d'écart entre nous et que nous n'avions rien en commun !
    Avec le recul, je prend conscience que tu es celui, qui, pour l'instant à le mieux réussi sa vie !
Nous avons ensuite discuté pendant Presque une heure et demie.
Voici les grandes choses que je retiendrai :
  • Il n'est dupe de rien sur ma situation et mon couple, même si je ne dis rien, que nous dissimulons et que notre mère fait aussi tout pour étouffer les difficulties,
  •  Papa et maman ont vécu leur histoire d'amour, puis avec la dépression de papa, se sont raccrochés, comme ils ont pû à un ciment : moi, le petit dernier,
  • Il a compris qu'il m'avait "perdu" lors d'une discussion que nous avons eu (et dont je n'ai absolument aucun souvenir) lors de la crise familiale de ma 1ière petite amie ! A ce moment-là, il m'a senti m'éloigner inexorablement et comme il n'est pas du genre à être intrusive, il a tenté de lancer des perches, mais je les ai toujours refusées, ignorées,
  • Je lui ai decries ma situation actuelle, la conscience que j'avais d'avoir eu un masque, voire plusieurs masques et d'avoir cosntruit une grande partie de mes relations sur un mécanisme erroné :
    • Tenter d'imaginer ce que les gens attendaient de moi,
    • Leur donner/montrer ce que je croyais qu'ils attendaient de moi pour leur ête agreeable, et qu'ils m'aiment,
    • Le faire de façon très systématique et surtout au détriment de mes propres opinions, envies, besoins, respect,
    • Et maintenant le vide identitaire immense que je ressens : suis-ci, suis-je ça, fils de ou originaire de là ?
  • Sa réponse a été très claire et simple (intelligence du coeur ?) : mais, je sais qui tu es. C'est simple...
    Moi, j'ai eu une vie et une enfance assez linéaire avec peu de capacités. Toi, tu es née dans une richesse inouïe, une richesse culturelle, une richesse d'amour, une richesse d'expériences. et tu es tout cela. Tu es tout ce que tu viens de citer et bien plus encore...
    (NDLR : j'ai ressenti comme un immense bide abyssal qui a alors commence à se remplir ! Se remplir de Moi...)
  • Et il ne s'est pas arrêté là !
    Il m'a aussi dit : il te faut simplement t'accepter avec toute sa richesse, et ne pas attendre que les autres te disent qui tu es, ni même attendre de savoir si ça leur plait ou non. Si ça leur plait, vous avancez, si ça ne leur plait pas, ils décrochent. Mais ce n'est pas à partir d'eux et de ce qu'ils vont (ou que tu penses qu'ils vont) penser que tu dois être !
  • Nous avons ensuite parlé de ma situation de couple. Il a été très préoccupé par le bien-être des enfants. Quoi que soit un papap (ou une maman), les enfants aimeront toujours leurs parents. Il faut à tous prix tout faire pour les protéger. Ce sont 2 véritables petites merveilles et Elodie et moi devons les protéger et les épargner.
  • Et pour enfoncer le clou sur mon identité autonome et indépendante, il me demande : Tu aimes ta femme ?
    Je lui répond : oui et j'argumente : blablabla. Puis, j'ajoute : mais elle, je ne sais pas !
    Et sa réponse a été désarmente de simplicité, de bon sens et de véracité : mais ça n'est pas ton problème ça ! C'est à elle...
Malgré des mois d'insomnies et la nuit précédente 100% blanche, je me suis senti comme reposé.
Le soir j'ai rencontré un ami qui m'a dit : Comment tu fais ? Tu prends de la coke ?
Non, j'ai trouvé mon frère et ça me donne la pêche !
La nuit suivante, j'ai dormi plus de 4 heures d'affilée ce qui ne m'était pas arrive depuis TRES longtemps.
Et le lendemain, je réussissais à respire plus profondemment. Ma douleur situé au niveau du coeur et aussi du ventre, avait disparu ou s'était atténuée. Je baille beaucoup profondemment.
La nuit suivante encore, j'ai dormi en me réveillant mais en réussissant à me rendormir quasiment de suite.
J'ai occupé tout le lit, en dormant en plein milieu.
Elodie n'est pas dans mes pensées en permamence.
J'ai éclaté de rire lors d'un déjeuner avec une amie.
J'ai fait preuve de multiples fois d'humour à mon égard et aujourd'hui tout le monde me dit souriant et détendu.

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